Dr. Marie-Hélène HAYE Soutien du Chirurgien-Dentiste

Self-theory, Médecine et Apprentissage

9 mars 2022

Médecin apprentissage self-theory

Croire, c’est voir : comment nos croyances influencent nos objectifs, nos émotions et notre comportement

Self-theory
Believing is seeing : how people’s beliefs influence goals, emotions and behaviour

Medical Education Volume47, Issue11 November 2013 Pages 1064-1072

Une traduction libre du Dr. Marie-Hélène Haye

Article original en ligne, libre accès


Self-theory
définition : a priori théorique que l’on a de soi, ici considéré à propos de ses propres compétences et de sa capacité à les mobiliser au service de ses apprentissages ou de son travail. Deux grandes orientations : performance ou apprentissage.

Cet article m’a servi de support pour rédiger un autre billet de blog, sur la Dentisterie Défensive et la place de la peur dans l’exercice de notre métier.

Résumé :

Introduction
Les professionnels de santé travaillent et apprennent dans des environnements complexes. Certains sont capables de continuer à apprendre de leur pratique et des défis qu’elle présente, tandis que d’autres s’abstiennent d’investir plus d’efforts lorsqu’ils sont confrontés à des revers. Cet article aborde un modèle cognitif social de la motivation qui aide à expliquer les différents types de comportement qui émergent lorsque les individus sont confrontés à ces défis.

Self-theory
L’a priori de chaque individu relativement à ses propres capacités et compétences ( sa « self-theory ») joue un rôle majeur dans l’établissement des objectifs qu’il se fixe, les émotions qu’il ressent et les significations qu’il attache aux situations rencontrées.
Ces visions de soi ne sont souvent pas explicitement exprimées et sont donc appelées théories « implicites » de soi. La recherche cognitive sociale suggère qu’il existe deux façons distinctes de ressentir ses caractéristiques personnelles. 

  • individus à self-theory de type « entité« , pour qui les traits de personnalité sont une entité fixe et concrète. Ces personnes cultivent l’idée qu’il faut être performant, ont tendance à se fixer des objectifs de performance et à s’inquiéter de bien performer pour faire bonne impression.
  • individus à self-theory de type « incrémental« , pour qui les traits de personnalité sont malléables, peuvent être développés ou cultivés par l’effort. Ces personnes ont tendance à se fixer des objectifs d’apprentissage, à se concentrer moins sur la performance et plus sur le temps et les efforts consacrés, à déterminer quelles stratégies fonctionnent pour changer et progresser.

Discussion
La littérature actuelle sur la self-theory est utilisée pour en explorer la pertinence au sujet de l’enseignement médical dans trois contextes :

  • L’apprentissage tout au long de la vie, où les efforts individuels et organisationnels s’accordent mieux avec une perspective progressive incrémentale du développement professionnel
  • La recherche de feedback, ce pour quoi la formation médicale pourrait bénéficier d’une meilleure compréhension des interactions entre self-theory, comportement de feedback et rôle omniprésent de la culture organisationnelle
  •  L’influence de la self-theory de l’évaluateur sur ses évaluations de la performance

Introduction

La pratique de la médecine est un défi constant, où l’on doit prendre des décisions dans des situations très complexes. Les décisions sont fondées sur différentes sources d’informations souvent contestées, avec des preuves limitées quant à la manière dont leurs actions affecteront les patients à titre individuel. De plus elles concernent des contextes où les enjeux sont élevés et peuvent potentiellement changer la vie ou même mettre fin à la vie.
Sans surprise, l’apprentissage de la médecine est tout aussi difficile. Certains apprenants s’y épanouissent : ils persistent et semblent très motivés pour réussir. D’autres apprenants abandonnent après confrontation à l’échec. Ils s’abstiennent d’investir davantage d’efforts et peuvent sembler démotivés. Dans une tentative de mieux comprendre une telle divergence de comportement, cet article propose un modèle cognitif social de la motivation et en explore le potentiel, au service de l’amélioration de l’enseignement médical.

Nelson Mandela : « Je n’échoue jamais. Soit je gagne, soit j’apprends »

Self-theory

D’après des recherches sur les réactions des étudiants à l’échec, deux modèles de comportement co-existent :

  • recherche de maîtrise.
  • constatation d’impuissance

Ceux dont la réponse est axée sur la maîtrise ne se reprochent rien et semblent ne pas avoir connu d’échec. Au lieu de cela, ils s’engagent dans une certaine forme d’auto-formation ou d’auto-surveillance dans le but d’améliorer leur performance,  et restent confiants quant à leur capacité à réussir. Leur self-theory est dire de type « incrémental« , associée à la pensée que les caractéristiques d’une personne sont malléables, susceptibles d’évolution.
Ceux qui réagissent impuissants à des situations difficiles ont tendance à « dénigrer leurs capacités et à blâmer leur intelligence pour les échecs, en disant des choses comme « je suppose que je ne suis pas très intelligent », « je ne suis pas doué pour des choses comme ça ». Leur self-theory sera dite de type « entité« , avec l’acceptation de traits de caractère fixés dans une personnalité, entité concrète définitivement déterminée.

Des chercheurs soutiennent que ces comportements résultent d’une opinion sur soi implicite (self-theory), et montrent que 80% des individus s’intègrent à part égale dans l’un ou l’autre des deux groupes, soit impuissance, soit maîtrise. Pour les 20% d’autres, ils se retrouvent partiellement dans les deux groupes, selon le domaine. Ils peuvent présenter par exemple une tendance « entité »  s’agissant d’aptitude manuelle et « incrémentale » pour les capacités intellectuelles.

De la self-theory et des objectifs

Les objectifs des apprenants révèlent le lien qui existe entre leur self-theory et leur comportement : impuissance ou  maîtrise.

Self-theory « entité »

L’existence d’une self-theory de type « entité », qui sous-entend une appréciation définitivement déterminée des caractéristiques personnelles, conduit les étudiants à se soucier exagérément de bien performer et de faire bonne impression. On dit que cette approche fait partie d’une orientation vers un objectif de performance. Plusieurs études ont montré que si les participants croient « qu’ils ont une quantité fixe d’intelligence […] ils feraient mieux de démontrer qu’ils en ont beaucoup »… Un objectif de performance consiste à gagner des jugements positifs et à éviter les jugements négatifs sur sa compétence. Les individus ayant une telle orientation minimisent leurs dépenses d’efforts, abandonnent facilement face à des défis ou des inconvénients, et évitent généralement les tâches qu’ils pourraient avoir des difficultés à maîtriser.

Chercher à faire bonne impression ou chercher à s’améliorer?

Self-theory « incrémentale »

En revanche, ceux qui ont une self-theory de type « incrémentale » mettent moins l’accent sur la performance, et sont plus préoccupés par l’acquisition de nouvelles connaissances et compétences (c’est-à-dire l’apprentissage). Pour cet objectif d’apprentissage, ils sont prêts à consacrer du temps et des efforts à découvrir quelles stratégies fonctionnent. Ce faisant, ils persévèrent et surmontent des revers parfois inévitables.
Un objectif d’apprentissage est relié à l’utilisation de stratégies et d’efforts de travail en profondeur. Les objectifs de performance  conduisent à des stratégies de traitement plus superficielles. On retrouve cela dans des domaines variés, du sport à la musique en passant par le milieu universitaire.

Et en médecine?

En médecine, on ne peut pas abandonner le souci de performance.

Il est inacceptable de considérer une situation de soin médical  uniquement comme une opportunité d’apprentissage, donc avoir un objectif de performance n’est pas nécessairement négatif.  Pourtant l’orientation vers un objectif de performance pose problème dès lors que l’accent mis sur la démonstration des capacités devient si important qu’il élimine les objectifs d’apprentissage. Dans ce domaine d’activité dynamique et complexe, les professionnels sont tenus de bien performer pour le bien de leurs patients et en même temps d’acquérir de nouvelles compétences de manière continue.

La recherche de rétro-action, de feedback est essentielle

Dans l’hypothèse d’un objectif orienté apprentissage, le feedback est une information utile qui aide à corriger les erreurs et à atteindre la maîtrise.
Si l’objectif est orienté performance, la rétroaction est un jugement sur soi et indique potentiellement une capacité insuffisante, en particulier lorsque le jugement est négatif. Dans ce cas, 2 possibilités :

  • Certains apprenants veulent démontrer, prouver par tout moyen leur compétence et obtenir des retours positifs
  • D’autres adoptent un comportement d’évitement pour ne pas risquer la négation de leur compétence et les jugements négatifs à leur sujet

Des objectifs au comportement, aux émotions, au sens et à l’apprentissage

L’orientation des objectifs de l’individu affecte son comportement dans les situations difficiles et en influence son ressenti et son interprétation des faits.
Cette approche s’inscrit dans une perspective constructiviste de l’apprentissage qui reconnaît qu’apprendre implique la création d’une version idiosyncratique de la réalité. La réalité d’une personne convergera avec celle des autres à bien des égards, mais elle peut également être significativement divergente en raison de différences dans les expériences antérieures, de différences d’interprétation et de la manière variable dont les expériences antérieures influent sur le comportement futur.
La self-theory de l’individu, au travers du type d’objectifs qu’elle induit, influence la façon dont les résultats d’une situation sont perçus.  Ainsi les émotions ressenties, le souvenir, l’expérience qui sera mémorisée au service de nouvelles situations seront différents selon le type de self-theory.

Echec : indicateur d’incompétence ou feed-back, invitation à changer de stratégie?

Dans un cadre de self-theory « entité », un échec est un indicateur d’incompétence. Dans un cadre de self-theory « incrémental », un échec indique quelle stratégie ne fonctionne pas.
Les élèves orientés vers un objectif d’apprentissage ont tendance à utiliser des stratégies plus approfondies et à s’engager dans une autorégulation active de leurs motivations et de leurs émotions. Cette orientation affecte donc le développement de la personne.

Les concepts de self-theory et l’ensemble des recherches dans ce domaine pourraient faciliter une meilleure compréhension de certains des plus grands défis de l’éducation médicale. Maintenir la motivation des étudiants, les aider à devenir des apprenants tout au long de la vie, intrinsèquement motivés pourraient en bénéficier. Cela nécessite un regard éclairé sur l’apprentissage.

Comprendre les mécanismes de l’apprentissage pour garder sa motivation à apprendre

La propagation d’une culture d’objectifs orientés essentiellement performance a été clairement identifiée dans les communautés apprenantes en médecine.
Les professionnels de santé susceptibles d’être soumis à des sanctions disciplinaires par les ordres sont fortement associés à deux types de comportement non professionnel :

  • agir de manière irresponsable
  • démontrer une capacité réduite à s’améliorer, en refusant d’accepter les critiques constructives, l’argumentation, et en affichant une attitude médiocre.

Pertinence des théories de soi dans l’enseignement médical

Trois domaines d’intérêt actuels dans lesquels les concepts de théories de soi et d’orientation vers des objectifs ont été appliqués ou semblent particulièrement pertinents :

  • le soutien de l’apprentissage tout au long de la vie
  • le comportement de recherche de rétroaction
  • l’influence de la théorie de soi de l’évaluateur sur leurs évaluations de la performance

Soutenir l’apprentissage tout au long de la vie

Le professionnalisme en médecine nécessite un apprentissage tout au long de la vie avec une amélioration des performances dans la pratique. La formation médicale continue (FMC) vise à aider les professionnels de santé à rester informés des dernières connaissances et techniques, mais les performances réelles dans la pratique dépendent davantage de l’apprentissage basé sur la pratique que du transfert d’activités formelles basé sur la FMC.
Cependant, il ne suffit pas de pratiquer beaucoup, les professionnels ne continuent d’apprendre de l’expérience que s’ils réussissent à reconnaître les domaines dans lesquels ils doivent s’améliorer, à formuler des objectifs d’apprentissage et à obtenir des commentaires précis sur leurs performances. (Evaluation des Pratiques Professionnelles : EPP)

Pratiquer beaucoup ne suffit pas pour s’améliorer

Le principe de Long Life Learning en médecine met l’accent sur l’auto-évaluation comme point de départ de l’apprentissage. Le professionnel de santé doit être en mesure de reconnaître la nécessité de modifier son comportement, sa base de connaissances ou ses compétences et donc de développer un jugement sur son niveau de performance, une auto-évaluation.
Or les techniques d’EPP développées conceptualisent l’idée d’auto-évaluation comme le jugement de la performance par rapport à une norme afin de la noter assez bonne ou non. Cette façon de problématiser le point de départ de l’apprentissage l’inscrit dans un modèle de self-theory « entité » pour lequel l’apprentissage n’est pas une entreprise permanente, mais plutôt quelque chose que l’on est obligé de prendre en considération lorsque des problèmes surgissent.

La recherche a démontré que par rapport aux objectifs de performance, les objectifs d’apprentissage sont liés à une plus grande dépense d’effort et de persévérance et à l’utilisation de stratégies d’apprentissage plus approfondies. Plus précisément, lorsque les tâches sont complexes, les objectifs d’apprentissage conduisent à de meilleures performances et à des stratégies de résolution de problèmes plus efficaces que les objectifs de performance.
Les objectifs de performance peuvent également être liés à l’évitement du travail, ce qui revient à tenter de terminer son travail avec un minimum d’effort.

Peut-on ou non passer d’une théorie de soi à une autre?

Etant donné le retentissement important des self-theory, changer les croyances d’une personne sur la malléabilité de l’intelligence peut avoir un effet substantiel. Enseigner une théorie incrémentale de l’intelligence dans le cadre d’un cours prend tout son sens. Les études montrent que cela favorise l’engagement, le plaisir et la réussite dans les processus académiques.
Un schéma de pensée orienté « long life learning »  devrait conduire à de meilleurs résultats à long terme dans le système de soins de santé. Dans cette optique, il faut réviser la croyance qui veut que l’expertise consiste à maîtriser des modes de travail efficaces (objectif de performance) au lieu (également) de pouvoir continuer à apprendre de la pratique quotidienne.

Cela dit, se polariser sur la responsabilité individuelle des praticiens risque d’être insuffisant. Le système doit aider les praticiens à prendre le temps de reconnaître le potentiel d’amélioration de leur propre pratique, de partager leurs succès et leurs défis avec leurs collègues et d’apprendre de leurs propres résultats et de ceux des autres.

Que se passe-t-il lorsqu’un climat organisationnel favorise principalement les objectifs de performance ?

Les caractéristiques d’un environnement axé sur la performance conduisent à de mauvais résultats « affectifs » chez les individus de self-theory type « entité », même lorsqu’ils ont travaillé suffisamment dur pour montrer qu’ils ont la capacité dont ils ont besoin pour réussir.  La recherche a montré que dans de telles conditions, ils ressentaient un plus grand doute de soi et une plus grande insatisfaction, peut-être en raison d’un manque perçu de contrôle sur la situation. D’autre part cet environnement axé performance démotive ceux qui ont un objectif d’apprentissage d’investir des efforts dans l’apprentissage.
Cela illustre à quel point il est important et difficile de créer un environnement qui favorise l’apprentissage tout au long de la vie.
En résumé, de la compréhension des motivations individuelles jusqu’au niveau de la culture organisationnelle, la recherche peur donner des clés pour soutenir le professionnalisme.

Self-theory et comportement de recherche de feedback des apprenants

La recherche de feedback est importante pour le professionnel de santé, non seulement pour motiver à la formation continue, mais aussi pour apprendre à chaque instant de sa pratique médicale. Ce comportement encourage à évaluer ses performances réelles à l’aune des performances souhaitées. La collecte de feedback auprès des patients sur les lieux d’exercice clinique est d’importance cruciale, et ce d’autant plus que la situation est complexe. Pour cela le rôle des praticiens est encore sous-exploré. Le concept de self-theory peut contribuer à approfondir la compréhension de ce sujet.
La psychologie sociale et organisationnelle définit les apprenants comme des agents actifs dans la recherche de rétroaction. Le  «comportement de recherche de feedback» fait référence aux «processus impliqués dans l’incitation à la rétroaction» basés sur trois motivations principales:
  • le désir d’informations utiles
  • le désir de défendre ou d’améliorer son ego
  • le désir de protéger ou d’améliorer les impressions que les autres ont de son image

La recherche montre que la self-theory et les comportements d’objectifs associés influencent notablement la recherche de feedback. L’individu évalue la valeur informationnelle potentielle du feedback à recueillir en fonction des avantages ou des coûts perçus pour son ego et son image. Par exemple les individus axés sur la performance ont tendance à percevoir le feedback comme un jugement porté sur eux-mêmes avec risque de subir des coûts d’ego ou d’image lorsqu’ils entendent parler de leur manque de compétences. Ils sont donc moins enclins à rechercher les commentaires de sources expertes.

Selon le type de leur orientation-objectifs, les professionnels de santé montrent une attitude positive ou négative à l’égard de la recherche d’amélioration personnelle. et des informations d’auto-validation.

Pour conclure, comprendre les motivations et les objectifs des apprenants qui recherchent des informations pertinentes pour eux-mêmes est primordial pour l’amélioration de l’apprentissage dans le domaine médical. La recherche indique que les concepts de théories de soi et les orientations vers des buts associés jouent un rôle important dans le comportement de recherche de rétroaction des apprenants. L’éducation médicale pourrait bénéficier d’une meilleure compréhension des interactions entre les théories de soi, les comportements liés à la rétroaction et le rôle omniprésent de la culture organisationnelle.

Self-theory et évaluation de la performance par les évaluateurs

Ces dernières années, les approches d’évaluation ont changé. Le processus d’évaluation n’est plus seulement une quantification de l’apprentissage, mais fait désormais partie du processus éducatif qui vise à stimuler l’apprentissage et le développement autonome. Des études ont montré que la qualité de ces évaluations de performance, en termes de rétroaction constructive pour les apprenants, varie considérablement et dépend de l’évaluateur dans une plus grande mesure que de l’instrument qui est utilisé. Les caractéristiques individuelles qui influencent les évaluations de la performance par les évaluateurs cliniques ne sont pas claires.
La littérature montre que les croyances associées à un type donné de self-theory, influencent notablement les jugements des évaluateurs, leurs attentes, leurs évaluations de la performance et du comportement des apprenants.

Un évaluateur orienté performance catégorise plus facilement les individus en prédisant leurs comportements futurs, à partir d’observations pourtant limitées, impliquant essentiellement des caractéristiques personnelles. Il a tendance à projeter ses propres observations en toute confiance sur les autres. Dans l’idée que les capacités personnelles sont fixes, il investit moins de temps et d’efforts pour inviter l’apprenant à progresser.

Au contraire un évaluateur orienté incrémentation va accorder de l’importance aux informations contextuelles, estimant que les caractéristiques de personnalité sont malléables et peuvent évoluer, que d’autre part la performance est influencée par les objectifs, les attentes et les conditions psychologiques. Il va donner à l’apprenant plus de messages de soutien, de conseils, sur la façon de combler l’écart entre le niveau obtenu et le niveau espéré de performance.

Ces résultats fournissent un éclairage intéressant pour développer de futurs modèles d’évaluation de l’apprentissage et du professionnalisme en médecine. En effet l’enseignement repose sur la conviction que les individus ont le pouvoir de développer leurs capacités et d’améliorer leurs performances. Dans ce cadre, l’évaluation est au service du processus d’apprentissage, et devient une rétroaction de l’évaluateur pour l’apprenant.
La question qui se pose est donc celle de l’influence de la self-theory de l’enseignant ou de l’évaluateur à la fois sur le résultat de l’enseignement et sur le ressenti de l’apprenant suite à son évaluation.

Conclusion

Cet article a passé en revue les connaissances actuelles sur la notion de self-theory implicite et ses effets sur les objectifs, le comportement et les processus d’apprentissage. Dans le domaine médical, où le concept de « long life learning » est inévitable, il permet d’éclairer en partie la complexité du processus d’évaluation des pratiques professionnelles et d’amélioration continue.
Ces processus  sont affectés par les croyances personnelles, les influences organisationnelles et culturelles.
Il semble évident que le professionnel de santé doit apprendre à soutenir le difficile équilibre nécessaire pour allier la prestation d’une pratique clinique de haute qualité avec l’exigence constante d’apprentissage et de progès à partir de sa pratique.
*
Remerciements à Elisabeth Feytit créatrice  du podcast
pour son apport, notamment avec l’épisode

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